Ma forêt de Fontainebleau
Toi, ma belle forêt, tes chênes millénaires,
Tes sentiers secrets où mon enfance courait,
Aujourd’hui les flammes, impitoyables et fières,
Dévorent ton cœur que j’aime à jamais.
Deux brasiers cruels, nés d’un été de feu,
Ont embrasé tes landes, tes rochers, tes sous-bois.
Plus de deux mille hectares, un cri silencieux,
Où les oiseaux fuient et je fonds en larmes pour toi
J’y marchais petite, main dans la main avec maman
Sous les hautes futaies, reine de ce royaume vert.
Aujourd’hui la fumée voile ton horizon tremblant,
Et mon coeur lourd et blessé, se brise et se serre
Forêt royale, muse des peintres et des rois,
Toi qui berças mes rires, mes peines et mes joies,
Tu brûles et pourtant, dans tes cendres déjà,
Je vois renaître l’espoir d’un vert nouveau ici bas
Les pompiers luttent, héros dans la fournaise,
La terre fume encore, mais elle ne meurt pas.
Un jour, tes bourgeons perceront sous la braise,
Et je reviendrai, m’y promener avec Loona
En attendant, je pleure tes ravages profonds,
Tes troncs noircis qui furent mes cathédrales.
Fontainebleau, ma forêt, ma seconde maison,
Tu restes en moi, éternelle comme un Graal
Prends soin de toi, belle endormie dans ta détresse,
Le temps te guérira, comme il apaise les peines.
Et moi, je t’attends, fidèle à ta promesse,
De nous offrir encore mille promenades sereines.
M.M. - 02-09-2026
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