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Mon nom est MAZURAIS


Mon nom est MAZURAIS


Ce nom transmis par mon grand-père maternel

Ce nom que l’on retrouve sur mes papiers officiels

Ce nom auquel, au fil des années,  je reste fidèle


Papi prétendait qu’il était originaire d’Ille et Vilaine

Plus précisément du triangle Fougères - Vitré - Rennes

Pour Maman et moi, c’était une légende urbaine


Notre branche s’est établie dans la Brie

La ville préfecture est devenue notre nid

Maman et moi regrettons d’en être parties


Ce nom souvent mal compris, mal orthographié

Comme si c’était un patronyme étranger

Je suis, pourtant, si fière de le porter.


M.M. - 17 mars 2026



 

Mon clan


Mon clan


Bien avant nous, il y a, déjà, ce lieu,

Un domaine ancien ouvert sous les cieux.

Un parc qui respire, un bois qui chuchote,

Un étang immobile où le temps clapote.


Une chapelle veille au bout du chemin,

Comme un secret ancien posé dans le matin.

Et cette grande maison debout depuis des années,

Garde les histoires de ceux qui l’ont aimée.


C’est moi qui parle aujourd’hui de mon clan,

De ces vies mêlées qui font mon présent.

Une famille tissée de chemins et de liens,

De souvenirs d’hier et de demain chantants.


Quand mon homme arrive, on sent sa lumière,

Un charme vivant, une si belle allure fière.

Il a ce charisme qui remplit toute la pièce,

Cette présence qui rassure et qui caresse.


Sans jamais chercher ni trône ni pouvoir,

La vie l’a placé, là, au cœur de notre histoire.

Et doucement, presque sans qu’on le voit venir,

Il est devenu celui sur qui l’on peut tout bâtir.


À nos côtés, continuant sa route,

Notre fils avance, libre dans ses doutes.

Un homme à présent qui trace son destin,

Mai qui ne peut pas renier d'où il vient


Ma maman est là, douce et familière,

Elle est mon ancrage, mon repère sur terre.

Cette maison pourtant n’a jamais été la sienne,

Mais les années savent élargir les domaines.


Car vient un moment, quand le temps avance,

Où l’on dépose enfin les vieilles distances.

Les alliances comptent moins que les cœurs,

Et les rancunes s’effacent devant les heures.


Mon frère est là lui aussi dans l’histoire,

Lui qui partage avec moi la même mémoire.

Nous avons eu le même père pour horizon,

Et ce signe entre les yeux quand nous les plissons.


Notre papa… celui qui nous a tous liés,

Celui qui nous a appris à respecter.

Il est parti, mais rien ne se termine

Puisqu’il demeure au coeur de nos racines.


Et puis il y a mes nièces, devenues femmes,

Qui avancent dans la vie avec leurs flammes.

Elles tracent à leur tour leurs propres chemins,

Avec un peu de notre passé entre les mains.


Et puis il y a eux, fidèles depuis si longtemps,

Qui veillent sur notre famille, au fil des ans.

Elle, elle garde la maison vivante la semaine,

Car je n’y viens que lorsque le w-e m’y mène.


Lui surveille les lieux, les travaux, les saisons,

Les arbres, les murs, l’âme de la maison.

Gardien discret des toits et des jardins,

Comme un veilleur, un phare dans le lointain.


Tous les deux sont là depuis plus de quarante ans,

Ils sont un peu des nôtres depuis tout ce temps

Car certaines présences deviennent famille,

Quand les années les tissent au-delà de notre grille.


Voilà mon clan, avec ses tours et ses détours,

Ses saisons mêlées, ses chagrins, ses amours.

Les anciennes blessures ont fini par se taire,

Car ce qui nous unit est plus fort que l’hiver.


M.M. - 08 mars 2026


 

Quand tout aurait pu basculer


Quand tout aurait pu basculer

15 août deux mille sept, un stade près de Poitiers,
Une fête de village, un été encore entier.
Je suis arrivée tôt, le cœur un peu troublé,
Et devant ma voiture… la tienne était stoppée.

Nous nous étions glissés dans un passage interdit,
Un instant presque drôle, un hasard, une folie.
Tu as dû reculer, j’avais, heureusement, anticipé,
Sinon nos deux véhicules se seraient entrechoqués.

Je me suis garée plus loin, à l’écart, discrètement,
Observant de loin la scène et ses tourments.
Nous ne nous étions vus qu’une fois auparavant,
Et ma timidité me gardait en retrait, évidemment.

Je t’ai vu faire la balance, regarder l’horizon,
Râler contre la scène trop loin du premier rang.
Et moi, dans l’ombre douce de cette fin de saison,
Je te regardais vivre simplement, silencieusement.

Puis l’orage d’été s’est abattu sur le stade,
Une pluie soudaine, une lumière un peu maussade.
Je me suis demandé s’il fallait repartir,
Deux cents kilomètres… ou bien rester, et venir.

Alors j’ai contourné les barrières du terrain,
Essayant de passer presque en prenant le lointain.
Mais sans comprendre encore comment tu m’avais vue,
Je t’ai vu t’avancer… c’était bien moi que tu avais reconnue.

Nous nous sommes salués, une bise échangée,
Et tu m’as ramenée vers ceux qui t’entouraient.
Tout semblait incertain dans ce soir malmené,
Mais toi, calmement, tu continuais de parler.

Finalement tu as dit que le concert aurait lieu,
Même sous la pluie qui continuait à tomber un peu.
La pelouse détrempée frémissait sous nos pas,
Mais déjà ton regard disait qu’on n’abandonne pas.

Jean, parka sur les épaules, sans costume ce soir-là,
Et tu m’as demandé ton regard posé sur moi :
« Dis-moi ce que tu penses… je me change ou pas ? »
Et j’ai répondu doucement : «Reste comme ça.»

Et la pelouse mouillée s’est remplie de regards,
Le public étonné oubliait les nuages noirs.
Dans la nuit apparue, entre deux chansons, parfois,
Nos sourires se croisaient, complices, toi et moi.

Puis vinrent les dédicaces, sous la tente dressée,
Il était presque minuit quand je me suis approchée.
«Bon… je vais y aller.» t’ai-je dit doucement
Mais tu as répondu : «Reste encore un moment.»

Les gens défilaient encore pour te remercier,
Et moi, de temps en temps, je venais répéter :
«Bon… cette fois j’y vais…» presque prête à partir,
Et toi, tu répondais : «Reste encore un peu…» sans rire

Enfin le stade s’est vidé, le silence est venu,
Tu as fermé ta mallette, les lumières avaient disparu.
Je t’ai dit une dernière fois : «Là, j’y vais vraiment.»
Alors tu as contourné la table lentement.

Ta main s’est posée sur mon bras, doucement serré,
Et nous avons marché vers le stade déserté.
Seuls les phares de ta voiture éclairaient la nuit noire,
Et je ne distinguais plus la mienne dans le soir.

Ta main allait, venait, sur mon bras frissonnant,
Ton regard me cherchait dans la nuit d’un instant.
Je ne sais plus les mots échangés à ce moment-là,
J’étais perdue d’émotion… simplement face à toi.

Je priais qu’enfin tu me laisses partir,
Et pourtant je voulais que le temps cesse de fuir.
Il était une heure passée, la route m’appelait,
Et sans un mot, ton regard m’a laissée m’en aller.

Je suis repartie seule sur la route mouillée,
Le cœur battant encore, mais l’esprit concentré.
Un instant fragile, un instant singulier,
Celui où tout aurait pu basculer.

M.M. - 06 Mars 2026


 

La zone grise


La zone grise


Entre lui et moi s’étend ce paysage,

Un pays sans frontière aux contours incertains,

Ni oui clairement dit, ni refus sans partage,

Juste un doute posé au creux de nos chemins.


Je marche sur ce fil que le silence tisse,

Entre deux de ses regards qui n’osent s’avouer,

Comme l’aube fragile au moment où elle glisse

Du coeur de la nuit vers le jour éveillé.


Rien n’est dit pourtant… mais tout devient présence,

L’air même autour de nous frissonne doucement,

Et sous chaque silence naît comme une évidence

Qu’un écho en moi répond… sans savoir comment.


Il souffle tour à tour le chaud et le froid,

Sa voix me réchauffe… et ses mots me figent,

Moi je reste en retrait, ne sachant trop pourquoi,

Dans ce gris incertain où mon pas se dirige.


Dans cette zone grise où mon doute s'attarde,

Le moindre de ses gestes a le poids d’un aveu,

Et mes silences à moi, quoi que je me garde,

Parlent bien plus bas que je ne le veux.


Ce n’est pas l’absence entre lui et moi,

Ni rien de trop clair qu’il faudrait nommer,

C’est un trouble léger où j’avance, je crois,

Sans savoir si je fuis… ou si je vais rester.


Mais je sens, au profond de mon âme indécise,

Que quelque chose flotte… et ne se livre pas

Dans ce trouble si doux qu’on appelle zone grise…

Et qui garde ses feux… à l’abri des regards.


M.M. - 20-02-2026

Nos étés aux campings


Nos étés aux campings

Il y en a eu quatre sous le ciel du Var,

Mais deux ont gravé leur empreinte quelque part.

Les autres étaient moyens, de passage, légers,

Eux seuls nous ont vus revenir, été après été.

Le premier avait une petite scène basse,

Des lumières timides, une ambiance qui enlace,

Un air de famille, de tables rapprochées,

Et le temps, surtout, de ne pas se cacher.

On arrivait tôt, le soleil encore chaud,

On s’installait dehors, à l’ombre du resto,

Il y avait le dîner, les conversations lentes,

Les assiettes oubliées, les minutes indolentes.

Puis venait le concert, simple et vrai,

Des enfants qui passent devant, distraits,

Des rires, des parents, un peu de bazar,

Et cette douceur particulière du premier regard.

Sur scène tu devenais feu d’artifice,

Un autre toi-même, libre et complice,

Mais même au milieu des voix et du brouillard,

Je savais quand tu me cherchais du regard.

L’autre camping était d’une autre trempe,

Grande scène, matériel pro, lumière qui rampe,

Moins de temps volé, moins d’instants à part,

Plus de distance entre toi et moi le soir.

On se croisait à la balance, brièvement,

Un sourire rapide, presque clandestinement,

Puis après le concert, lors des dédicaces,

Je restais tout près, dans l’ombre de l’espace.

Les deux autres campings — presque des esquisses,

Une année, trois soirs, des parenthèses lisses,

Mais ceux-là… ceux qui nous ont vus revenir,

Ont façonné ce que nous sommes devenus, sans le dire.

Pas la plus bruyante, ni la plus visible,

Je restais à l’endroit fragile et indicible,

Je restais en retrait, lucide et fière,

Je sais ce qu’ils ignorent, ce que je préfère

Je porte en silence ce drôle de lien,

Ni tout à fait tien, ni tout à fait mien,

Une amitié tendre aux contours flous

Qui bat dans l’ombre, juste entre nous.

M.M - 09-02-2026

Comme une évidence


Comme une évidence 

Ressentir ta présence avant même ton geste, 
Encore vibrante du manque, 
Ventre noué, peau en alerte, 
Effleurée par ton regard posé trop longtemps, 
Laisser mon corps répondre avant mes mots, 
Abandonner la retenue, la lenteur, 
Te sentir là, proche, réel, 
Incendie discret sous la chair, 
Oublier le reste, le temps, 
Naître au désir : révélation. 

M.M. 05-02-2026

Dans ma peau à moi


Dans ma peau à moi


Je ne voulais rien non plus,

juste regarder.

Mais il avait ce regard

qui se pose comme une main chaude.


Avec lui, c’était toujours le corps

qui comprenait avant le reste.


Je riais trop,

je me penchais trop,

je goûtais trop vite.

Pas pour séduire —

pour sentir.


Quand il me tendait une gorgée,

je savais que ce n’était pas le verre

qu’il voulait partager,

c’était la trace de sa bouche.


Et quand il posait ses mains sur moi,

je n’étais pas surprise —

j’étais prête.

Prête à ce que ça glisse,

ça explore,

ça reste.


Le massage n’était jamais un soin.

C’était un test.

Où je cédais,

où je résistais,

où je respirais trop fort.


Mon corps parlait pour moi :

les épaules qui lâchent,

la nuque qui chauffe,

la cuisse immobile —

immobile pour dire oui.


Je savais ce que ça faisait à un homme,

la cuisse immobile.

Un “continue” sans lettres,

sans voix,

sans excuse.


Je ne l’ai jamais touché en retour,

pas vraiment.

Sauf avec le regard.

Les femmes savent toucher comme ça —

de loin,

sans bouger,

avec la précision d’un doigt sur une cicatrice.


Quand il disait “tu m’écris”,

je sentais la possession douce.

Pas un ordre,

pas une demande —

un couloir où passer,

un fil à garder entre nous

pour la nuit.


Ce qui me troublait le plus,

ce n’était pas ce qu’il faisait,

c’était ce qu’il ne faisait pas.

Tout ce qu’il tenait en arrière,

tout ce qu’il ne prenait pas,

tout ce qu’il me laissait imaginer.


Les hommes qui se retiennent

sont plus dangereux

que ceux qui tentent.


Et quand l’autre femme est arrivée,

je n’ai pas été jalouse d’elle.

J’ai été jalouse de ce que ça révélait :

si le désir existait,

pourquoi pas moi ?


Alors je me suis retirée,

comme on retire doucement la main du feu.

Sans cris, sans mots,

juste avec le silence qui dit “c’est assez”.


Neuf ans plus tard,

un appel.

Sa voix a fait remonter la chaleur

avant le souvenir.

Le corps n’a jamais besoin de calendrier.


Certaines histoires ne couchent pas,

mais elles laissent des traces

là où on respire.


Je ne l’ai jamais eu,

mais je ne l’ai jamais perdu.


M.M - 29-01-2026