La zone grise
Entre lui et moi s’étend ce paysage,
Un pays sans frontière aux contours incertains,
Ni oui clairement dit, ni refus sans partage,
Juste un doute posé au creux de nos chemins.
Je marche sur ce fil que le silence tisse,
Entre deux de ses regards qui n’osent s’avouer,
Comme l’aube fragile au moment où elle glisse
Du coeur de la nuit vers le jour éveillé.
Rien n’est dit pourtant… mais tout devient présence,
L’air même autour de nous frissonne doucement,
Et sous chaque silence naît comme une évidence
Qu’un écho en moi répond… sans savoir comment.
Il souffle tour à tour le chaud et le froid,
Sa voix me réchauffe… et ses mots me figent,
Moi je reste en retrait, ne sachant trop pourquoi,
Dans ce gris incertain où mon pas se dirige.
Dans cette zone grise où mon doute s'attarde,
Le moindre de ses gestes a le poids d’un aveu,
Et mes silences à moi, quoi que je me garde,
Parlent bien plus bas que je ne le veux.
Ce n’est pas l’absence entre lui et moi,
Ni rien de trop clair qu’il faudrait nommer,
C’est un trouble léger où j’avance, je crois,
Sans savoir si je fuis… ou si je vais rester.
Mais je sens, au profond de mon âme indécise,
Que quelque chose flotte… et ne se livre pas
Dans ce trouble si doux qu’on appelle zone grise…
Et qui garde ses feux… à l’abri des regards.
M.M. - 20-02-2026