Dis-le


Dis-le


Si tu n’en as rien à faire de moi, dis-le,

Même si tes mots doivent me faire mal,

Si ma présence t’importune, dis-le,

Je préfère une vérité à ton silence glacial.


Si tu étais content de me revoir, dis-le,

Si mon retour a réveillé quelque chose en toi,

Si, malgré tout, tu as des sentiments, dis-le,

Ne me laisse pas deviner ce que tu tais tout bas.


Si tu as peur, dis-le,

Si tu doutes, si tu hésites, parle-moi,

Si tu ne sais pas très bien ce que tu veux, dis-le,

Mais ne disparais pas sans voix.


Arrête de me ghoster, arrête de m’ignorer,

Arrête de faire comme si je n’existais pas,

On ne peut pas éternellement se cacher

Derrière le silence quand le cœur, lui, parle tout bas.


Je ne te demande pas des promesses,

Ni des mots que tu ne pourrais tenir,

Je te demande seulement de laisser la place

À ce qui pourrait encore advenir.


Car peut-être qu’il n’y a rien,

Et je saurai l’entendre, même si ça fait mal,

Peut-être qu’il a malgré tout un lien,

Une envie, un vertige, quelque chose d’inavouable.


Alors regarde-moi, et dis-moi la vérité,

Même tremblante, même imparfaite, même fragile.

Mais cesse de fuir ce qui pourrait se passer,

Cesse de rendre nos silences inutiles.


Aie le courage de vivre ce qu’il y a à vivre,

Le courage d’aimer, ou celui de partir.

Le courage de dire ce que tu veux réellement dire,

Plutôt que de me laisser attendre et survivre.


Si tu ne veux pas de moi, dis-le.

Si tu veux me revoir, dis-le aussi.

Si tu as des sentiments, dis-le…

Mais ne me laisse pas seule avec ce «peut-être» infini.


M.M. - 16 septembre 2026

Poétiquement à coeur ouvert

Une jolie surprise entre deux pages

Il y a quelques semaines, j'ai envoyé une cinquantaine de mes poèmes à une maison d'édition, filiale d'Hachette Livres, qui avait lancé un appel à des auteurs écrivant de la poésie.

Je n'attendais pas forcément grand-chose de cette démarche. J'ai envoyé mes textes, simplement, avec cette petite part d'espoir qui accompagne toujours ce genre de choses… puis j'ai continué mon petit bonhomme de chemin, à écrire et à partager mes poèmes ici, sur ce blog.

Et puis, hier, j'ai reçu leur réponse.

Ils souhaitent éditer mon recueil de poésie.

Autant dire que j'ai eu un petit moment de surprise en découvrant leur message. Et, je l'avoue, une certaine fierté aussi. Ce serait mon cinquième recueil édité. Rien que d'écrire cette phrase me fait quelque chose.

Pourtant, pour des raisons personnelles, je ne donnerai pas suite à cette proposition. Ce n'est pas toujours facile de dire non à une maison d'édition, surtout lorsque celle-ci vous ouvre sa porte et vous dit, en quelque sorte : nous croyons en vos textes. Mais certaines décisions nous appartiennent, et il y a des moments où l'on doit simplement suivre ce qui nous semble juste pour soi.

Alors je continuerai autrement.

Je continuerai à écrire, à poser des mots sur ce que je ressens, à laisser mes poèmes trouver leur chemin jusqu'à vous, ici, sur mon blog.

Cette proposition ne changera finalement pas grand-chose à mon quotidien d'écriture. Mais elle restera quelque part dans un coin de ma tête et de mon cœur comme une jolie reconnaissance du chemin parcouru.

Et puis… soyons honnêtes : recevoir une proposition d'édition pour ses poèmes, même lorsqu'on choisit de ne pas l'accepter, c'est quand même une petite fierté.

Une petite fierté que j'avais envie de partager avec vous.

Tu te souviens ?


Tu te souviens ?


Tu te souviens

De ce soir d’été,

Quand le ciel grondait,

Quand tout a basculé ?


Tu te souviens

De nos mains qui tremblaient,

De nos regards fous

Qui ne mentaient jamais ?


Tu te souviens

De nos rendez-vous

De ces heures volées,

Loin des yeux, loin de tout ?


Tu te souviens

De tes mains à me toucher,

De cette douce façon

Que tu avais de me chercher ?


Tu te souviens

De nos silences aussi,

De tout ce que nos cœurs

Disaient sans le moindre bruit ?


Tu te souviens

De tes yeux si noirs,

Dans lesquels je pouvais

Me perdre sans savoir ?


Tu te souviens

Comme on faisait semblant,

Comme si nos deux cœurs

Ne brûlaient pas autant ?


Tu te souviens

Des chemins séparés,

Des saisons qui passent,

Des mots jamais donnés ?


Tu te souviens

Du temps qui a filé,

Des souvenirs qu’on croyait

Avoir enfin rangés ?


Tu te souviens

De ce jour où nos regards

Se sont enfin croisés,

Après tout ce temps, hagards ?


Tu te souviens

De ton sourire alors,

De ce drôle de vertige

Qui m’a reprise encore ?


Tu te souviens

Comme rien n’a changé,

Comme si le silence

N’avait rien effacé ?


Tu te souviens

De ces regards volés,

De ces petits sourires

Que tu crois bien cacher ?


Tu te souviens

De tout ce que tu retiens,

De tes doigts qui hésitent

À retrouver les miens ?


Tu te souviens

De ce que nous étions,

Avant que le temps

Nous donne d’autres noms ?


Tu te souviens

De ce que l’on se dit :

Que nous sommes aujourd’hui

De simples amis ?


Tu te souviens

Comme ce mot est étrange,

Après tout ce que nos cœurs

Ont partagé, ont échangé ?


Tu te souviens

De ce que je tais,

De ce que ton regard

Devine peut-être en secret ?


Tu te souviens

De ce qui reste encore,

D’un peu de cette flamme

Que l’on croyait morte ?


Tu te souviens

Quand tu me regardes,

Si ton cœur, lui aussi,

Un instant se hasarde ?


Tu te souviens

De nous, tout simplement ?

Ou suis-je la seule

À nous retrouver dedans ?


Tu te souviens…

Moi, je n’ai rien oublié.

Et sous le mot «amis», je sens encore

Tout ce que nous n’osons plus nommer.


M.M - 04 septembre 2026

Ma forêt de Fontainebleau


Ma forêt de Fontainebleau


Toi, ma belle forêt, tes chênes millénaires,

Tes sentiers secrets où mon enfance courait,

Aujourd’hui les flammes, impitoyables et fières,

Dévorent ton cœur que j’aime à jamais.  


Deux brasiers cruels, nés d’un été de feu,

Ont embrasé tes landes, tes rochers, tes sous-bois.

Plus de deux mille hectares, un cri silencieux,

Où les oiseaux fuient et je fonds en larmes pour toi


J’y marchais petite, main dans la main avec maman

Sous les hautes futaies, reine de ce royaume vert.

Aujourd’hui la fumée voile ton horizon tremblant,

Et mon coeur lourd et blessé, se brise et se serre


Forêt royale, muse des peintres et des rois,

Toi qui berças mes rires, mes peines et mes joies,

Tu brûles et pourtant, dans tes cendres déjà,

Je vois renaître l’espoir d’un vert nouveau ici bas


Les pompiers luttent, héros dans la fournaise,

La terre fume encore, mais elle ne meurt pas.

Un jour, tes bourgeons perceront sous la braise,

Et je reviendrai, m’y promener avec Loona


En attendant, je pleure tes ravages profonds,

Tes troncs noircis qui furent mes cathédrales.

Fontainebleau, ma forêt, ma seconde maison,

Tu restes en moi, éternelle comme un Graal


Prends soin de toi, belle endormie dans ta détresse,

Le temps te guérira, comme il apaise les peines.

Et moi, je t’attends, fidèle à ta promesse,

De nous offrir encore mille promenades sereines.


M.M. - 02-09-2026