Tu te souviens ?


Tu te souviens ?


Tu te souviens

De ce soir d’été,

Quand le ciel grondait,

Quand tout a basculé ?


Tu te souviens

De nos mains qui tremblaient,

De nos regards fous

Qui ne mentaient jamais ?


Tu te souviens

De nos rendez-vous

De ces heures volées,

Loin des yeux, loin de tout ?


Tu te souviens

De tes mains à me toucher,

De cette douce façon

Que tu avais de me chercher ?


Tu te souviens

De nos silences aussi,

De tout ce que nos cœurs

Disaient sans le moindre bruit ?


Tu te souviens

De tes yeux si noirs,

Dans lesquels je pouvais

Me perdre sans savoir ?


Tu te souviens

Comme on faisait semblant,

Comme si nos deux cœurs

Ne brûlaient pas autant ?


Tu te souviens

Des chemins séparés,

Des saisons qui passent,

Des mots jamais donnés ?


Tu te souviens

Du temps qui a filé,

Des souvenirs qu’on croyait

Avoir enfin rangés ?


Tu te souviens

De ce jour où nos regards

Se sont enfin croisés,

Après tout ce temps, hagards ?


Tu te souviens

De ton sourire alors,

De ce drôle de vertige

Qui m’a reprise encore ?


Tu te souviens

Comme rien n’a changé,

Comme si le silence

N’avait rien effacé ?


Tu te souviens

De ces regards volés,

De ces petits sourires

Que tu crois bien cacher ?


Tu te souviens

De tout ce que tu retiens,

De tes doigts qui hésitent

À retrouver les miens ?


Tu te souviens

De ce que nous étions,

Avant que le temps

Nous donne d’autres noms ?


Tu te souviens

De ce que l’on se dit :

Que nous sommes aujourd’hui

De simples amis ?


Tu te souviens

Comme ce mot est étrange,

Après tout ce que nos cœurs

Ont partagé, ont échangé ?


Tu te souviens

De ce que je tais,

De ce que ton regard

Devine peut-être en secret ?


Tu te souviens

De ce qui reste encore,

D’un peu de cette flamme

Que l’on croyait morte ?


Tu te souviens

Quand tu me regardes,

Si ton cœur, lui aussi,

Un instant se hasarde ?


Tu te souviens

De nous, tout simplement ?

Ou suis-je la seule

À nous retrouver dedans ?


Tu te souviens…

Moi, je n’ai rien oublié.

Et sous le mot «amis», je sens encore

Tout ce que nous n’osons plus nommer.


M.M - 04 septembre 2026

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