Continuer le chemin


Continuer le chemin


Mon frère, il y a six mois que tu nous quittais

Je reviens pour la première fois dans notre maison

Rien n’a bougé, rien n’a changé en ce mois de mai

Seulement elle n’a plus d’âme sans ce grand garçon


Au premier étage, Papa a condamné ta chambre

J’ouvre la porte fermée à double tours et j’entre

Je caresse en passant ton lit et vais vers la fenêtre

Je l’ouvre, je pousse les volets et le soleil pénètre


Dans cette chambre qui abrite tous nos tendres secrets

Je ressens ta présence, ta chaleur, il y a aussi ton odeur

Cet endroit va devenir mon refuge, mon jardin secret

Là, je pourrais revivre tous nos instants de bonheur


Je m’allonge sur ton lit et me souviens de septembre

Et pourtant, malheureusement, j’étais déjà ailleurs

Je n’oublierais jamais le mal que j’ai pu te faire

Ni le geste que t’as poussé à faire ta grande douleur


Aujourd’hui, tu n’es plus là et tu me manques tant

Moi, j’ai changé et je ne serais jamais plus la même

Rien ne sera plus jamais pareil à partir de maintenant

Les larmes trop retenues coulent sur mon visage blême


Pour nous, tu étais le grand frère et le fils aîné

Mais surtout et avant tout le père de l’héritier

Je le regarde si beau, si grand, c’est ton portrait

Je te retrouve, magnifique, dans chacun de ses traits


En ce jour, je reprends les rênes de notre famille

Je prends en charge l’avenir de tes deux filles

Sur nous tous réunis, se referme notre coquille

Sur laquelle, tu veilles, enfin je suis tranquille


M.M. – 01er mai 2006


 

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