Tú y yo


Tú y yo


Dès que mon regard commençait à te chercher

Je ne mettais pas très longtemps à te trouver

Derrière ton kiosque à bière pourtant masqué

Par un troupeau d’allemands bien éméchés


Tes copains te signalaient mon arrivée

D’une manière plus ou moins déguisée

Entre les discrets aboiements d’Angelo

Et Jesús qui allait te prévenir aussitôt


Soudain tes yeux de braise fouillaient

La place, la foule pour me découvrir

Et enfin, nos regards se rencontraient

Et restaient rivés l’un à l’autre sans frémir


Ainsi passait la soirée sans qu’aucun de nous

Fasse le premier pas vers l’autre et aille le saluer

Jusqu’au moment où allant promener mon toutou

Nous nous retrouvions face-à-face dans cette allée


Je repense à tes caresses en me rendant la monnaie

Je revois nos fous-rires de gamins et notre chahut

Tu savais si bien me faire enrager, et moi, je marchais…

Nous étions le centre du monde et avions notre tribu


Il n’y a qu’avec toi que j’ai connu bonheur et complicité

Tu es si tendre, sensible, tellement gentil et attentionné

Si ce n’est que j’ai partagé aussi ça avec mon grand frère

Mais malheureusement, ce sont des souvenirs plus amers


M.M. – 15 juin 2006


 

Royaliste


Royaliste


Je rêve, je prie pour le retour d’un roi

Je prie, je rêve d’une monarchie de droit

Pourquoi y a-t’il eu toutes ces horreurs ?

Pourquoi y a-t’il eu toute cette terreur ?


Le peuple français était-il plus heureux

Avec cet empereur fou et prétentieux ?

Combien de nos ancêtres ont trépassé

Pour assouvir ses idées démesurées ?


Les citoyens manquaient de farine, de tout

Et encore aujourd’hui, la misère est partout…

Cette affreuse boucherie n’aura donc pas servi

Cette barbarie pour rien, ce n’était qu’une utopie


A cause d’une particule, avions-nous le droit

De guillotiner sans jugement et au nom de quoi,

De faire payer à Louis le seizième et au dauphin

Une sécheresse qui privait de blé, donc de pain ?


J’envie les espagnols, les anglais et les suédois

Une nation réunie autour d’une famille, d’un roi

Un pivot central qui sert de lien, de trait d’union

A quand le retour, sur le trône, d’un Bourbon ?


M.M. – 12 juin 2006


 

Recuerdos


Recuerdos


Je me souviens de toi, je me souviens de tout

Dans ma mémoire, comme un tatouage doux

Je n’ai pas oublié la promenade du bord de mer

Et j’ai tant de souvenirs comme si c’était hier


Il y a tes calanques loin des regards indiscrets

Je revois tes côtes ourlées de si jolis reflets

Bordées de belles plages au sable fin et doré

Je n’oublie pas tes montagnes parfois enneigées


Je repense à tes grandes plaines couleur olivier

Illuminées par les petites fleurs des amandiers

Il y a aussi tes villages paisibles et accueillants

Et leurs petits marchés artisanaux si attrayants


Je me souviens de tes superbes monuments

Issus de multiples conquêtes au fil des temps

Et gravés en moi, la plaza et son Merendero

Ce lieu si touristique est devenu mon Eldorado.


M.M. – 02 juin 2006


 


Pour toi, mon Roxi


A toi, mon petit toutou mal-aimé

Qui a été si mal nourri, maltraité

Devenu indésirable et mal soigné

Ils t’ont rejeté, lâchement abandonné

On se demande pourquoi ils t’ont adopté

Sûrement un caprice d’enfant gâté….

Tu ne méritais pas d’avoir un tel passé

A moi maintenant de te le faire oublier

Malheureusement tu es très perturbé

Il faut que tu apprennes à ne pas paniquer

On ne te fera plus de mal, arrête de trembler

Reprends confiance, tu es bien entouré

Eh oui, tu étais vraiment très mal tombé

Dans la petite annonce, ils m’ont abusée

Mais au moment où je t’ai vu, j’ai craqué

Ton regard douloureux m’a tant peinée

Tu es sorti de leur vie sans un regret

Pas un geste, pas une caresse, pas un baiser

Tu n’emportais rien, tu n’avais pas été gâté

Juste une laisse et un trop grand collier

Pas de gamelle, et pas plus de panier

N’allons pas imaginer le moindre jouet

Et pas une seule photo de toi petit bébé

Tu as un bel avenir, oublions ton passé.


M.M. – 26 mai 2006


 

La bonne éducation


La bonne éducation


La bonne éducation, c’est ne jamais être ordinaire

Et encore moins être triviale, grossière, vulgaire

C’est savoir comment saluer un grand patron,

Un cardinal, une vedette, un ministre ou un baron

C’est savoir se comporter à une remise de médaille,

A une réunion, à un cocktail ou à des funérailles

C’est tenir une conversation sans être assommante

C’est être élégante sans jamais être provocante

C’est savoir s’habiller suivant les circonstances

C’est être discrète tout en ayant de la présence

C’est savoir se tenir convenablement à table

C’est manger de tout mais en quantité raisonnable

C’est aussi savoir utiliser les couverts appropriés

C’est pouvoir parler de tout sans détenir la vérité

C’est être polie sans jamais devenir obséquieuse

Ne pas être non plus hautaine ou prétentieuse

C’est savoir faire-face en faisant bonne figure

C’est assumer d’être la «fille de» avec le sourire.


M.M. – 09 mai 2006