Sous la Tramontane

 


Sous la tramontane


Je suis de retour dans cette jolie maison ensoleillée

Je retrouve mes habitudes au bord de la piscine azurée

Il y a quelques mois, j’y avais passé un merveilleux été

Qui malheureusement, par un drame, s’est terminé


Notre douleur n’est pas oubliée, mais bien rangée

Maintenant, c’est plus facile, nous pouvons en parler

Enfin, nous arrivons à la partager et à nous retrouver

Tu sais que, ta folie d’un soir, je te l’ai pardonnée


Tu es plus qu’un amant, tu es avant tout mon ami

Et dans quelques mois, tu deviendras mon mari

Tu es enfin libre et rien ne viendra nous séparer

Mon rêve de petite-fille va enfin se réaliser


J’étais fillette quand tu es entré dans ma vie

Tu te souviens, c’était un vendredi, à Paris

Adolescente quand nous nous sommes aimés

Et femme quand nous nous sommes retrouvés


Nous avons bravé mes parents et les interdits

Ils te confiaient leur fille, ils n’ont rien compris

Maintenant ils savent tout et ils en rient

Pour mon père, tu resteras toujours son ami


Depuis que mon frère s’en est allé

Il n’y a que toi pour me protéger

Je sais ce que toi seul peux m’apporter

Déjà, dans tes bras, je me sens apaisée


Aujourd’hui, tu te trouves trop âgé pour moi

Mais je suis seule à juger et je te veux toi

J’ai hâte de voir ton alliance à mon doigt

Pour Pauline et Nicolas, ce sera toi et moi


M.M. – 29 juillet 2006


30 rue Bancel


30 rue Bancel


Ecole d’une seule religion

Ecole de tant de confessions

Ecole des amis et des amours

Ecole de la vie et pour toujours


Du réfectoire au foyer

De la chapelle au grenier

Des catacombes au labo

De la porterie à la salle vidéo


De l’intendant aux professeurs

De l’infirmière au directeur

De la surveillante aux sœurs

De la secrétaire au confesseur


Du jardin d’enfant au collège

Le sport et nos challenges

Nos œuvres caritatives

Nos activités créatives


Les participations à la messe

La préparation de la kermesse

Les voyages de fin d’année

Les sorties culturelles en soirée


Malheureusement, j’ai un regret

N’y avoir passé que deux années

Les plus belles de ma scolarité

Mais j’avoue, j’en ai bien profité


M.M. - 02 juillet 2006


 

Tú y yo


Tú y yo


Dès que mon regard commençait à te chercher

Je ne mettais pas très longtemps à te trouver

Derrière ton kiosque à bière pourtant masqué

Par un troupeau d’allemands bien éméchés


Tes copains te signalaient mon arrivée

D’une manière plus ou moins déguisée

Entre les discrets aboiements d’Angelo

Et Jesús qui allait te prévenir aussitôt


Soudain tes yeux de braise fouillaient

La place, la foule pour me découvrir

Et enfin, nos regards se rencontraient

Et restaient rivés l’un à l’autre sans frémir


Ainsi passait la soirée sans qu’aucun de nous

Fasse le premier pas vers l’autre et aille le saluer

Jusqu’au moment où allant promener mon toutou

Nous nous retrouvions face-à-face dans cette allée


Je repense à tes caresses en me rendant la monnaie

Je revois nos fous-rires de gamins et notre chahut

Tu savais si bien me faire enrager, et moi, je marchais…

Nous étions le centre du monde et avions notre tribu


Il n’y a qu’avec toi que j’ai connu bonheur et complicité

Tu es si tendre, sensible, tellement gentil et attentionné

Si ce n’est que j’ai partagé aussi ça avec mon grand frère

Mais malheureusement, ce sont des souvenirs plus amers


M.M. – 15 juin 2006


 

Royaliste


Royaliste


Je rêve, je prie pour le retour d’un roi

Je prie, je rêve d’une monarchie de droit

Pourquoi y a-t’il eu toutes ces horreurs ?

Pourquoi y a-t’il eu toute cette terreur ?


Le peuple français était-il plus heureux

Avec cet empereur fou et prétentieux ?

Combien de nos ancêtres ont trépassé

Pour assouvir ses idées démesurées ?


Les citoyens manquaient de farine, de tout

Et encore aujourd’hui, la misère est partout…

Cette affreuse boucherie n’aura donc pas servi

Cette barbarie pour rien, ce n’était qu’une utopie


A cause d’une particule, avions-nous le droit

De guillotiner sans jugement et au nom de quoi,

De faire payer à Louis le seizième et au dauphin

Une sécheresse qui privait de blé, donc de pain ?


J’envie les espagnols, les anglais et les suédois

Une nation réunie autour d’une famille, d’un roi

Un pivot central qui sert de lien, de trait d’union

A quand le retour, sur le trône, d’un Bourbon ?


M.M. – 12 juin 2006


 

Recuerdos


Recuerdos


Je me souviens de toi, je me souviens de tout

Dans ma mémoire, comme un tatouage doux

Je n’ai pas oublié la promenade du bord de mer

Et j’ai tant de souvenirs comme si c’était hier


Il y a tes calanques loin des regards indiscrets

Je revois tes côtes ourlées de si jolis reflets

Bordées de belles plages au sable fin et doré

Je n’oublie pas tes montagnes parfois enneigées


Je repense à tes grandes plaines couleur olivier

Illuminées par les petites fleurs des amandiers

Il y a aussi tes villages paisibles et accueillants

Et leurs petits marchés artisanaux si attrayants


Je me souviens de tes superbes monuments

Issus de multiples conquêtes au fil des temps

Et gravés en moi, la plaza et son Merendero

Ce lieu si touristique est devenu mon Eldorado.


M.M. – 02 juin 2006