Tu chantais près de moi, presque à toucher,
Et ta voix glissait sur ma peau comme un baiser.
Un vers surgit — poétiquement incorrect —
Qui fit rougir le silence, puis mon cou, puis le reste.
Je t’écoutais me dire sans le dire
Ce que les lèvres parfois n’osent écrire.
Le rythme battait, discret, mais parfait,
Comme un cœur qui hésite avant de s’avouer.
Tu improvisais, et je perdais mesure :
La musique avait le goût d’une brûlure
Douce, obstinée, trop proche du secret,
Qui se chante à soi-même avant d’être avoué.
Dans ce vers, il y avait nos corps en filigrane,
Et ce léger trouble qu’on nomme joie profane.
Depuis, j’en ai fait un lieu pour ceux qui savent
Que le désir lit dans les pages et les lèvres graves.
Car entre le livre et le corps, il n’est qu’un trajet,
Fin, vibrant, imperceptible et imparfait.
Et toi tu l’avais compris — avant même de l’écrire —
Quand tu m’as offert ce vers pour me faire rougir…
M.M - 10-01-2026
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