Nos folies sans lendemain


Nos folies sans lendemain

Tu parais triste, perdu dans tes pensées,
On dirait que la vie t’a longtemps délaissé.
Comme si l’ennui, tapi dans chaque heure,
Effaçait peu à peu ton ancienne ardeur.

Tu t’emmerdes, je le vois dans ton regard,
Dans ce silence faux qui veut tout camoufler,
Dans ces soupirs lourds qui n’osent plus se fâcher,
Et dans tes mots brefs, fuyants et sans retard.

Ton métier seul encore t’agrippe au chemin,
Te donne la pêche, te réveille le matin.
Là, tu respires, là, tu redeviens vivant,
Comme si le monde reprenait son élan.

Avec moi, pourtant, c’était l’éveil soudain,
L’étincelle jeune qu’on boit sans lendemain,
La fraîcheur qui danse au bord de la folie,
La simplicité sacrée de dire «c’est la vie».

C’était une ivresse humble, sans protocole,
Un ciel sans rideau, ni masque, ni parole,
Le naturel brut, fier d’être imparfait,
Comme un rire trop fort qui jaillit sans secret.

Mais le temps a passé, plus grave, plus sévère,
Et l’on porte en soi des poids qu’on doit se taire.
On apprend trop vite à vivre pour tenir,
Au lieu de vivre juste pour le plaisir.

Je ne sais si le feu sommeille encore en toi,
Si la folie douce reviendra sous tes doigts,
Mais je garde en mémoire les instants partagés
Où, près de moi, tu semblais respirer.

M.M. - 15-01-2026

Pour toi, qui savais vivre quand tu ne t’en rendais même pas compte.

Tu as tout gardé, sauf l’élan.

On ne revient pas en arrière, mais on peut se réveiller.


 

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