Dans ma peau à moi


Dans ma peau à moi


Je ne voulais rien non plus,

juste regarder.

Mais il avait ce regard

qui se pose comme une main chaude.


Avec lui, c’était toujours le corps

qui comprenait avant le reste.


Je riais trop,

je me penchais trop,

je goûtais trop vite.

Pas pour séduire —

pour sentir.


Quand il me tendait une gorgée,

je savais que ce n’était pas le verre

qu’il voulait partager,

c’était la trace de sa bouche.


Et quand il posait ses mains sur moi,

je n’étais pas surprise —

j’étais prête.

Prête à ce que ça glisse,

ça explore,

ça reste.


Le massage n’était jamais un soin.

C’était un test.

Où je cédais,

où je résistais,

où je respirais trop fort.


Mon corps parlait pour moi :

les épaules qui lâchent,

la nuque qui chauffe,

la cuisse immobile —

immobile pour dire oui.


Je savais ce que ça faisait à un homme,

la cuisse immobile.

Un “continue” sans lettres,

sans voix,

sans excuse.


Je ne l’ai jamais touché en retour,

pas vraiment.

Sauf avec le regard.

Les femmes savent toucher comme ça —

de loin,

sans bouger,

avec la précision d’un doigt sur une cicatrice.


Quand il disait “tu m’écris”,

je sentais la possession douce.

Pas un ordre,

pas une demande —

un couloir où passer,

un fil à garder entre nous

pour la nuit.


Ce qui me troublait le plus,

ce n’était pas ce qu’il faisait,

c’était ce qu’il ne faisait pas.

Tout ce qu’il tenait en arrière,

tout ce qu’il ne prenait pas,

tout ce qu’il me laissait imaginer.


Les hommes qui se retiennent

sont plus dangereux

que ceux qui tentent.


Et quand l’autre femme est arrivée,

je n’ai pas été jalouse d’elle.

J’ai été jalouse de ce que ça révélait :

si le désir existait,

pourquoi pas moi ?


Alors je me suis retirée,

comme on retire doucement la main du feu.

Sans cris, sans mots,

juste avec le silence qui dit “c’est assez”.


Neuf ans plus tard,

un appel.

Sa voix a fait remonter la chaleur

avant le souvenir.

Le corps n’a jamais besoin de calendrier.


Certaines histoires ne couchent pas,

mais elles laissent des traces

là où on respire.


Je ne l’ai jamais eu,

mais je ne l’ai jamais perdu.


M.M - 29-01-2026


 

Sonnerie enchantée


Sonnerie enchantée


Le téléphone a chanté, soudain, sans prévenir,
Un éclat dans l’ennui, un souffle de plaisir.
Je n’osais pas répondre, un peu intimidée,
Mais déjà ton bonjour résonnait familier.


Le son de ta voix sonnait juste et chaleureux,
Et l’instant, tout entier, devenait merveilleux.
Un timbre complice, mais tellement inattendu,
Et le temps s’est arrêté, presque suspendu.

J’étais plus que comblée par cet appel
Et pourtant, il semblait tellement irréel
Car jamais, je ne l’aurais imaginé
Dans mes rêves les plus insensés.

Maintenant, si ton nom s’éclaire sur l’écran,

Je retiens un sourire, plus vrai, plus insouciant.

Je n’attends rien — et pourtant j’espère,

Un autre appel, aussi doux qu’éphémère.


M.M - 22-01-2026


 

La Scène, le C(h)oeur et la Voix


La Scène, le C(h)oeur et la Voix 

Mon chanteur préféré, artiste de mes rêves, 
Ecrivant nos étés comme un roman d’amour, 
Le son de ta voix réveille mes souvenirs, 
Où les refrains ont l’allure de grandes émotions, 
Derrière le rideau, le cœur bat la chamade, 
Il y a des mots qui s’embrasent quand tu les chantes, 
Et moi, je te suis, fidèle, jusqu’à la dernière scène. 

 M.M. - 19-01-2026

Nos folies sans lendemain


Nos folies sans lendemain

Tu parais triste, perdu dans tes pensées,
On dirait que la vie t’a longtemps délaissé.
Comme si l’ennui, tapi dans chaque heure,
Effaçait peu à peu ton ancienne ardeur.

Tu t’emmerdes, je le vois dans ton regard,
Dans ce silence faux qui veut tout camoufler,
Dans ces soupirs lourds qui n’osent plus se fâcher,
Et dans tes mots brefs, fuyants et sans retard.

Ton métier seul encore t’agrippe au chemin,
Te donne la pêche, te réveille le matin.
Là, tu respires, là, tu redeviens vivant,
Comme si le monde reprenait son élan.

Avec moi, pourtant, c’était l’éveil soudain,
L’étincelle jeune qu’on boit sans lendemain,
La fraîcheur qui danse au bord de la folie,
La simplicité sacrée de dire «c’est la vie».

C’était une ivresse humble, sans protocole,
Un ciel sans rideau, ni masque, ni parole,
Le naturel brut, fier d’être imparfait,
Comme un rire trop fort qui jaillit sans secret.

Mais le temps a passé, plus grave, plus sévère,
Et l’on porte en soi des poids qu’on doit se taire.
On apprend trop vite à vivre pour tenir,
Au lieu de vivre juste pour le plaisir.

Je ne sais si le feu sommeille encore en toi,
Si la folie douce reviendra sous tes doigts,
Mais je garde en mémoire les instants partagés
Où, près de moi, tu semblais respirer.

M.M. - 15-01-2026

Pour toi, qui savais vivre quand tu ne t’en rendais même pas compte.

Tu as tout gardé, sauf l’élan.

On ne revient pas en arrière, mais on peut se réveiller.


 

Sous l’équerre et le compas


Sous l’équerre et le compas


Sous l’équerre et le compas naît l’angle du destin,

Où le maillet réveille le futur incertain.

La pierre brute espère un jour sa perfection,

Quand le ciseau murmure à l’ouvrage sa raison.


Deux colonnes veillent, fières, aux seuils du savoir,

Sur un tapis d’énigmes tissé de noir et d’espoir.

Le tablier s’illumine, blanc comme un serment,

Et scelle dans le rite un discret firmament.


Au fil des grades, chacun taille en lui-même,

Une salle de silence où la conscience s’aimante.

Les symboles s’emboîtent, puzzle patient du cœur,

Pour transformer l’argile en plus haute douceur.


Le Delta, œil discret, perce la nuit d’un trait,
Pour guider l’initié sur le siège du vrai.
Frère du compas, sœur du fil et du niveau,
Ils tracent dans l’ombre un invisible château.

Le pavé mosaïque, en noir et blanc tissé,
Dicte l’équilibre où fleurit la pensée.
Car le Temple invisible, à qui sait le rêver,
Se bâtit dans l’humain qu’on apprend à lever.

M.M. - 12-01-2026