Dès nos premiers échanges, quelque chose vibrait,
Une légèreté, d’une façon simple tu me comprenais
Comme un fil invisible qui, même quand tu t’éloignais,
Tendu entre nous, discret, solide qui aussitôt reprenait.
Pendant longtemps, j’ai cru que tu suivais ton chemin,
Que tu m’avais laissée poursuivre le mien sans lendemain,
Mais tu veillais encore, silencieux, presque en retrait,
Veillant sur mes pas d’un regard que je devinais.
Puis, cet été-là, quelque chose s’est mis à changer.
Ton présence s’est faite plus douce, plus enveloppée,
Avec ces signes envoyés de loin, ces sourires prolongés,
Et ces instants simples, autour d’un repas partagé.
À chaque fois que la vie nous réunissait face à face,
La distance fond, s’efface, disparaît sans laisser de trace
Tu te rapproches, tu m’effleures, tu t’accordes à mon pas,
Et nos rires se mêlent à ta chaleur tout contre mon bras.
À cela s’ajoutent tes gestes, plus francs, plus assurés
Ta main qui trouve ma taille, comme si elle savait, sans hésiter,
Ton toucher qui revient, encore, comme un aveu détourné,
Comme si ta peau parlait ce que tes mots n’osent murmurer.
Et puis ce dimanche-là, tu t’es avancé pour me protéger,
Avec cette force tranquille qui t’appartient, inégalée
Et ta main, soudain, sur mon dos, si naturellement posée,
M’a traversée d’un frisson, devant tous, sans hésiter.
Il y a entre nous cette frontière floue, mouvante,
Ce territoire tendre qui me laisse hésitante
S’il s’agit d’amitié profonde ou d’un désir refoulé
Mais je laisse souffler ce vent et je me laisse bercer.
M.M - 07-12-2025