Espérer


Espérer


Espérer plus de bonheur

Espérer moins de noirceur

Espérer bien plus d’humanité

Espérer moins de méchanceté


Espérer un séjour de rêves

Espérer entre nous une trêve

Espérer plein de complicité

Espérer des souvenirs d’été


Espérer un retour à la vie

Espérer vite revoir ma Brie

Espérer des jours meilleurs

Espérer moins de malheur


Espérer dès aujourd’hui

Espérer la fin des ennuis

Espérer moins de soucis

Espérer la fin de la survie.


M.M. – 27 mars 2010


 

Amants éternels


Amants éternels


C’était un soir de grandes marées

Il était dix-neuf heures tapantes

Soudain, la sonnette de l’entrée

Les visites ne sont pas si courantes


En ouvrant la porte, tu es apparu

Regard d’acier, mâchoire crispée

A ton habitude, tout de noir vêtu

Noire aussi la nouvelle annoncée


Après de si nombreuses années

Et tant d’obstination à nous nuire

Un vice de procédure, elle a trouvé

Elle a, enfin, réussi à nous désunir


Bien sûr, elle croit avoir gagné

Une vilenie de plus à son crédit

Si elle pense nous avoir séparés

Erreur : notre amour est infini


On garde au doigt nos alliances

Entre toi et moi, rien n’a changé

De cette mégère, on s’en balance

Dans notre cœur, on est mariés.


M.M. – 03 mars 2010



 

Mathieu, Marcel, Jean


Mathieu, Marcel, Jean

Jamais ces trois prénoms déclarés à l’état-civil
A la mairie, il n’y aura aucun acte de naissance
C’est la cruelle réalité de ma vie : je suis stérile
Un manque horrible, une insupportable absence

Aux yeux des gens, nous sommes des sous-femmes
Nous n’existons pas ou si peu : quantité négligeable
A part nos intimes, on feint d’ignorer notre drame
Pour les autres, nous sommes limite infréquentables

A la télévision, dans les magasins, dans les journaux
Tout est fait pour nous rappeler, sans cesse, ce vide
Reportages récurrents sur la natalité et son haut niveau
La quinzaine Bébé et en librairie, multitudes de guides

L’égoïsme des parents et leur famille tout à leur bonheur
Les futures mères qui se pavanent avec leur gros ventre
Sans penser aux femmes comme moi et à notre malheur
De l’attention de tout le monde, elles en sont le centre

Le pire est sûrement les réflexions faites par ces personnes
Du genre : «Tu n’y connais rien, tu n’as jamais eu d’enfant»
Je me renferme sur moi-même pour éviter les fanfaronnes
Je vis, en silence, avec ma souffrance de ne pas être Maman.

M.M. – 21 janvier 2010