Fléchage amoureux


Fléchage amoureux


En ce mardi après-midi, j’ai reçu un mail

L’adresse de l’expéditeur m’est inconnue

Et la lecture de ce message m’interpelle

Car le contenu en est vraiment incongru


Il fallait que je prenne ma voiture,

Que je trouve des petits cœurs roses

Un jeu de piste qui restait bien obscur

C’était tellement étrange cette prose


Ce n’était pas une farce venant de toi

Tu étais loin de moi pour ton métier

J’ai demandé conseil autour de moi

Ma famille m’a persuadée de foncer


Alors je me résous donc à suivre Cupidon

Mais je reste quand même très intriguée

Je parviens au Château de la Cour d’Aron

Après être passée par Talmont et Avrillé


Je me gare devant le bâtiment principal

Un cœur est accroché à la porte d’entrée

Je pénètre dans le vestibule monumental

Un indice de plus me désigne l’escalier


Je gravis les marches jusqu’au premier

Une porte s’ouvre, tu t’avances vers moi

Ces dix derniers jours loin de toi, oubliés

En deux pas, je me retrouve dans tes bras.


M.M. – 28 mai 2008


 

Etre et avoir été


Etre et avoir été


L’autre, lui, se conjuguait, à l’imparfait

Toi, tu te conjugues au plus-que-parfait

Toujours penser comme lui, c’était impératif

Avec toi, mon futur s’annonce simple et indicatif

Mon passé proche c’est encore lui néanmoins

Toi, tu es mon présent, mon futur proche et loin

Avec lui, je conjuguais ma vie au conditionnel

Près de toi, elle se conjugue à l’infinitif éternel

J’avais appris à conjuguer souffrir, subir, pleurer

Maintenant, je dois réapprendre le verbe aimer.


M.M. – 08 mai 2008



 

«Vivant» à Melun


«Vivant» à Melun


Demain, nous sommes jeudi

Et je passe le brevet des collèges

Mais aujourd’hui, c’est mercredi

Et je trépigne sur mon siège


Ça y est, vous êtes enfin arrivés

Vous avez investi le champ de foire

Le chapiteau est déjà dressé

J’ai tellement hâte de te voir


Cette journée ne passe pas vite

Je me concentre sur mes révisions

Ma patience a atteint ses limites

Je regarde par la vitre à toute occasion


Je vous entends faire la balance

Soudain ta voix s’élève, magique

Je sens monter l’effervescence

Le spectacle va être fantastique


Enfin le grand moment est arrivé

L’orchestre entame l’intro musicale

Nous sommes, bien sûr, bien placées

Le son, les lumières, tout est génial


Toi, tu es là, discret mais si présent

Fascinée, je ne te quitte pas des yeux

Que ferait-il sans ta voix, ton talent ?

Il ne l’admettra pas, trop prétentieux


Il est très tard, le concert est terminé

Comme d’habitude, tu as été merveilleux

Vous pliez bagages mais lui a déjà filé

Je vais me coucher, demain c’est sérieux.


M.M. – 04 mai 2008


 

Ma fille, mon rayon de soleil



Ma fille, mon rayon de soleil


Tu es belle comme l’éclat du printemps

Lumineuse comme le soleil de l’été

Ton rire a la fraîcheur d’un torrent

Tu es la fureur de vivre personnifiée


Comme toutes les jeunes filles de ton age

Tu aimes écouter de la musique, dessiner

Avec tes cop’s, ce sont de longs bavardages

Comme sport, tu as choisi de faire du karaté


Tu ne serais pas une vraie fille, sans défaut

La crème chantilly est ton péché mignon

Tu ne sais pas dire non aux bonbons Haribo

Et faire la grasse matinée, c’est trop bon !!!


Tu as toujours fait la fierté de tes parents

Tu nous donnes, à tous, une belle leçon

En livrant une bataille de chaque instant

Sois pour ton frère un exemple à ta façon


Tu es ma fille chérie et tellement plus encore

C’est une chance inestimable d’être ton papa

Tu es un joyau, tu es mon si précieux trésor

Toi et moi, contre l’adversité, on se battra.


M.M. – 03 mai 2008


🌷Ce poème tient une place particulière dans mon coeur car c’était une «commande» d’un ami pour sa fille. Je n’en dirais pas plus par discrétion et par respect.


Un quart de siècle


Un quart de siècle


Par un beau jour d'avril, tu es né

On a succombé à ton petit minois

Petit homme tout potelé et bouclé

Papa et moi, on ne t'attendait pas


La vie nous a séparés longtemps

On fait parfois le mauvais choix

J'ai raté des rendez-vous importants

Des moments qui ne se rattrapent pas


Je t'ai porté à la sortie de la maternité

Et aussi tenu sur les fonds baptismaux

J'étais là pour ta première dent percée

Je t'ai entendu dire tes premiers mots


Chez le pédiatre, j'étais là pour te tenir

Tu aimais les câlins, blotti dans mes bras

J'ai eu droit à tes tout premiers sourires

Et avec moi, tu as fait tes premiers pas


Mais je n'étais pas là à ta première rentrée

Et j'étais absente aussi à ton premier tournoi

Pas connu la première fille que tu as aimée

Et toutes les maladies infantiles, sans moi


Ta première boum, ça aussi, je l'ai manquée

Comme un bon nombre de tes anniversaires

Pour le scooter, ton père a dû se faire prier

Et tu as surtout subi cette affreuse belle-mère


Mais j'étais de retour pour fêter ton permis

J'ai vu tes débuts dans l'entreprise familiale

Et aussi tes premières virées en boîte de nuit

Je t'ai consolé de cette rupture pas très loyale


En cette journée, tu fêtes tes vingt-cinq ans

Tu es devenu un homme superbe, équilibré

On n'oubliera pas cette séparation de 15 ans

Mais aujourd'hui, rien ne peut nous séparer !


M.M. - 26 avril 2008