Toi, telle que tu me passionnes


Toi, telle que tu me passionnes


Lorsque tu entras dans le Moyen-Age

Tu n’étais, alors, qu’un petit village

Principalement regroupé sur l’île de la Cité

Où l’administration et le pouvoir vont s’installer


Sur ton fleuve, on construisit plusieurs ponts

Qui permirent des deux côtés, ton expansion

La rive droite fut investie par les commerçants

Et la rive gauche devint le fief de l’enseignement


De cette période datent de remarquables édifices

La Sainte-Chapelle, Notre-Dame, le Palais de justice

La Sorbonne, le Louvre qui n’était qu’une forteresse

Tous ces monuments qui font aujourd’hui ta richesse


Il y a le Pont au Change et ses boutiques d’orfèvres

Et tous les artisans qui exposaient leurs oeuvres

Ils étaient savetiers, drapiers, tanneurs, forgerons

Tous ces métiers s’organisaient en corporations


La peste et la famine t’ont sévèrement éprouvée

Un seul endroit pour trouver secours et se réfugier

L’Hôtel-Dieu qui, par principe, ne refusait personne

Voyageurs, malades, ceux qui demandaient l’aumône


En tes murs, se célébraient de nombreux évènements

La fête des fous à laquelle participaient tes habitants

Tu accueillais des bateleurs qui étaient mimes, chanteurs

Mais aussi musiciens, acrobates, poètes et jongleurs


Toi la ville-capitale, tu étais tout cela et plus encore

Tu as connu et vaincu toutes les horreurs d’alors

Epidémies, famines, émeutes, crues de la Seine

Tu étais la plus grande ville de l’Europe chrétienne.


M.M. - 19 avril 2008


 

L'auberge


L’auberge


Cachée au milieu des frondaisons

Bien à l’écart de la circulation

Un établissement hors du temps

Où se retrouvent les amants


Un accueil très sobre et réservé

On nous mène à une salle voûtée

Au fond, une grande cheminée

Une ambiance discrète et feutrée


On nous proposa un dîner raffiné

Servi par du personnel stylé

Le repas se déroula divinement

Ce moment était un enchantement


Ensuite, tu me conduisis à l’étage

Tu lisais la surprise sur mon visage

Tu ouvris une porte devant nous

Et derrière, tu tiras le verrou


Une jolie chambre rustique

Pour passer une nuit magique

Tu éteignis ton téléphone portable

Tu pris deux flûtes posées sur la table


Laissons parler notre amour

Avec toi, il rime avec toujours

Vivons pleinement l’instant présent

Le rêve s’évanouira demain.


M.M. - 11 avril 2008


 

Te l'écrire


Te l’écrire


Avec un calame,

Je t’ai ouvert mon âme

Avec un fusain,

Je t’ai offert un quatrain

Avec une plume,

Je t’ai dédicacé un volume

Avec une craie,

Je t’ai dédié un sonnet

Avec une mine de plomb,

J’ai décrit notre passion

Avec une pointe-sèche,

Je perce ton cœur d’une flèche

Avec un pinceau,

Je t’ai dessiné toi, mon héros

Avec un crayon de couleur,

Je raconte notre bonheur

Avec de l’encre de Chine,

Je me fais coquine

Et avec un surligneur,

Je t’ai donné mon cœur.


M.M - 10 avril 2008



 

Notre tour de France


Notre tour de France


A Bordeaux

Nous avons roulé en vélo

A Biarritz

Nous avons mangé des spritz

A Toulouse

Nous avons marché sur les pelouses

A Carcassonne

Nous avons cueilli des anémones

A Marseille

Nous avions trop sommeil

A Draguignan

Nous étions les grands gagnants

A Nice

Nous avons vu un feu d’artifice

A Lyon

Nous avons dîné dans un bouchon

A Dôle

Nous avons participé à une farandole

A Besançon

Nous avons suivi les traditions

A Strasbourg

Nous y sommes restés deux jours

A Metz

Nous sommes allés à la kermesse

A Sedan

Nous avons frôlé l’accident

A Lille

Nous avons changé d’automobile

Au Tréport

Nous avons cherché un trésor

A Saint-Malo

Nous avons visité un château

A Quimper

Nous avons admiré une dentellière

A Nantes

Nous avons mené une vie trépidante

A la Rochelle

Nous nous sommes faits la belle

A Melun

Nous avons fait des câlins

A Tours

Nous avons joué du tambour

A Poitiers

Nous avons planté un abricotier

A Guéret

Nous avons été discrets

A Gaillac

Nous y sommes arrivés en vrac

Lors de ce tour de France

Nous avons vécu notre romance


M.M. - 06 avril 2008


 

Royal et impérial


Royal et impérial


De la succession de Louis VI à Napoléon III

Tu connus deux empereurs et tant de rois

Tu es notre passé, tu es notre mémoire

Te visiter, c’est ouvrir un livre d’Histoire


Le siècle des lumières te laissa dans l’ombre

Cela t’a évité de vivre des heures sombres

Au profit de ce grand palais de pacotille

Sans mémoire, vide comme une coquille


Se promener dans tes jardins et tes allées

C’est comme un voyage dans le passé

Du jardin anglais jusqu’au grand canal

De l’étang à l’escalier en fer à cheval


Nous continuons à remonter le temps

Par le grand parterre fleuri au printemps

Du Jeu de Paume à la Porte du Baptistère

De la Porte Dorée à la Galerie des Cerfs


Par la salle de bal, poursuivons notre visite

Motifs du plafond et du plancher à l’identique

Puis traversons la galerie François Premier

Et rendons nous à la Chapelle de la Trinité


Tu nous livres quelques uns de tes secrets

Ta chapelle double et ton théâtre oublié

Sans omettre l’assassinat de cet écuyer

On voit sa cote de maille ensanglantée


Tu as vécu nombre de décès princiers

Des mariages, des signatures de traités

Ainsi que plusieurs naissances royales

Et tu abrites aussi l’appartement papal


Un des grands moments douloureux

S’est déroulé dans la Cour des Adieux

Napoléon saluant sa garde après son abdication

Qu’il venait de signer sur ce petit guéridon


Tu es tellement immense, j’ai dû en oublier

Huit siècles d’Histoire qui me font rêver

De la forteresse médiévale au château renaissance

Tu as devant toi encore une longue existence.


M.M. - 29 mars 2008